La pauvreté dans un monde d’inégalités
La pauvreté extrême voisine dans le monde avec l’abondance. Sur les 6 milliards d’habitants de la planète, 2,8 milliards, soit presque la moitié, ont moins de deux dollars par jour pour vivre, et 1,2 milliard (un cinquième), . Dans les pays riches, moins d’un enfant sur 100 meurt avant l’âge de cinq ans. Par pour avoir plus de detaille cliquer icicontraste, dans les pays les plus pauvres, jusqu’à un enfant sur cinq risque de ne pas atteindre son cinquième anniversaire. Tandis que, dans les pays riches, moins de 5 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition, ce problème peut toucher jusqu’à 50 % d’entre eux dans les pays pauvres.
Ce dénuement perdure quand bien même les conditions de vie se sont améliorées davantage durant le siècle écoulé que pendant tout le reste de l’histoire de l’humanité. La richesse mondiale, les liaisons internationales et les capacités techniques n’avaient jamais connu un tel développement. Pour autant, on ne peut qu’être frappé par l’inégalité de la répartition de ces bienfaits. Le revenu moyen des 20 pays les plus riches est 37 fois plus élevé que celui des 20 pays les plus pauvres (cet écart a doublé au cours des 40 dernières années). La situation des diverses régions du monde a évolué de façon fort différente (voir tableau A.1, 36kb PDF). En Asie de l’Est, le nombre de gens qui sub-sistent avec moins d’un dollar par jour est tombé d’environ 420 millions à quelque 280 millions entre 1987 et 1998, cela en dépit des ravages de la crise financière. En Amérique latine, en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, en revanche, le nombre des personnes défavorisées a augmenté. Quant aux pays d’Europe et d’Asie centrale en transition, ils ont vu se multiplier par plus de 20 le nombre des pauvres vivant avec moins d’un dollar par jour.
On observe de la même façon des avancées majeures contrastant avec des revers sérieux dans certains aspects non monétaires de la pauvreté. En Inde, le nombre des filles scolarisées a nettement progressé et, dans l’État le plus avancé, le Kerala, l’espérance de vie est plus grande qu’en d’autres points de la planète jouissant d’un niveau de revenu maintes fois supérieur (tels que la ville de Washington). Parallèlement, dans les pays africains touchés de plein fouet par l’épidémie de VIH/SIDA, comme le Botswana et le Zimbabwe, un adulte sur quatre est infecté, la charge représentée par les orphelins du sida devient rapidement insupportable, tant pour les mécanismes de soutien traditionnels que pour les mécanismes officiels, et tous les progrès réalisés dans l’allongement de l’espérance de vie depuis le début des années 50 sont sur le point d’être anéantis. Les disparités dans les taux de mortalité infantile autour du globe (celui de l’Afrique sub-saharienne est 15 fois plus grand que celui des pays à revenu élevé) donnent une idée de la multiplicité des situations.