Nécessité d’élaboration de documents sur l’identification des besoins en technologies dans les différents secteurs de développement au Togo
Lutter contre les changements climatiques



ADESSOU Kwaku Sena, membre de JVE


Introduction

Depuis que le Togo s’est préoccupé des problèmes de l’environnement dans les années 1938, des lois et décrets ont été pris, mais embryonnaires et inadaptées au développement durable. Les recommandations de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED), qui s’est tenue à Rio de Janerio en juin 1992, ont conduit le pays aux véritables préoccupations environnementales dans tous les plans de développement socio-économique. Déjà en 1999, le Togo publiait son Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE) qui visait à établir un bilan diagnostic de l’état de son environnement.

Sur le plan climatique, il a signé le 12 juin 1992 et ratifiée le 8 mars 1995 la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Dans ce même ordre, il a élaboré sa première Communication Nationale initiale en novembre 2001.
En application de cette Convention, le Togo a réalisé l’inventaire des sources anthropiques et des puits d’absorption des Gaz à Effet de Serre (GES) pour l’année
1995, choisie comme année de référence. L’analyse des émissions et des absorptions des différents gaz a été effectuée dans les différents secteurs suivants : énergie, agriculture, affectation des terres et foresterie, procédés industriels et déchets. Les principales conclusions de cet inventaire ont montré que le secteur Energie (5,17%) est le premier responsable des émissions de GES hors-forêt (80,25%) et l’agriculture (12,96%).

Le récent document sur le bilan de la mise en œuvre des Accords Multilatéraux en Environnement (AME) au Togo en juillet 2007 a identifié quelques besoins nécessaires à l’application de la Convention Cadre sur les Changements climatiques.

La présente réflexion veut inciter les autorités togolaises à l’importance de l’élaboration d’un document sur les besoins en technologie et un plan de transfert dans les secteurs clés, l’énergie notamment, favorisant la limitation des émissions de GES. Elle est une application de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).
Selon le Groupe Intergouvernemental des Experts sur l’évolution de Climat (GIEC) le transfert de technologie se définit comme « un vaste ensemble de processus qui englobent les échanges de savoir-faire, de données d’expérience et de matériel pour l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ces changements et ce, parmi différentes parties prenantes telles que les gouvernements, les entités du secteur privé, les organismes financiers, les ONG et les établissements de recherche et d’enseignement ». En outre, le GIEC spécifie que le transfert de technologie englobe le « processus qui consiste à comprendre comment il faut apprendre, utiliser et reproduire la technologie, y compris la capacité de la choisir et de l’adapter aux conditions locales, ainsi que de l’intégrer aux technologies autochtones ». Pour le GIEC, un transfert de technologie réussi est donc bien plus que la simple transposition d’un matériel dans un pays en développement. Il doit idéalement comprendre plusieurs éléments : un transfert de connaissance et de savoir-faire qui doit permettre :
  • une meilleure utilisation de la technologie transférée ;
  • une adaptation de cette technologie aux besoins et conditions locaux ;
  • une reproduction sur place de la technologie ;
  • une intégration large des différentes parties prenantes.
    Ainsi, le transfert de technologie est un processus destiné à ce que les populations puissent s’approprier la technologie.

    A l’heure où l’un des accords de la 13ème COP sur les changements climatiques (Bali, 2007) entre les Pays de l’annexe 1 et ceux en développements est le transfert de technologie des pays de l’annexe 1 vers les PVD, le Togo doit saisir cette opportunité pour se lancer véritablement dans la lutte contre les changements climatiques et impulser une fois encore son développement.

    Le principe de base et l’approche méthodologique sont : Les activités humaines sont des sources d’émissions ou de séquestrations des GES. La synthèse des émissions des GES réalisée au Togo montre que pour le secteur hors forêt, le secteur Énergie est non négligeable.
    Au niveau de ce secteur, les sous secteurs industrie énergétique et résidentiel ont été identifiés comme secteurs prioritaires pour atténuer les émissions de GES de ce secteur. Ainsi, le choix sera fait en fonction de :
    i) la contribution aux objectifs de développement ciblés dans les politiques du Gouvernement ;
    ii) la contribution aux changements climatiques ;
    iii) le potentiel de marché.

    La foresterie et l’agriculture venant respectivement en premier et second secteurs en émission des GES.
    Des études d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques doivent être faites afin d’identifier les options technologiques pouvant réduire les émissions des
    GES dans différents secteurs dont les secteurs Énergie, Agriculture et Foresterie choisis ici comme prioritaires, sans toutefois ignorer que les opinions à prendre en considération dans le choix des critères des options technologiques d’atténuation des émissions des GES dans les secteurs doivent tenir compte du :
    i) jugement d’expert ;
    ii) des priorités définies dans les politiques du Gouvernement dans les secteurs de l’Énergie et de l’environnement ;
    iii) des avis des parties prenantes