Erosion côtière au Togo



Cet article sera structuré en plusieurs sous-articles destinés à éclairer les internautes sur le phénomène de l'érosion côtière au Togo.

1- Les causes de l'érosion côtière au Togo

Depuis la construction du port de Lomé en 1964, la côte togolaise est le siège d’une sévère érosion qui se développe à l’est du port.

Si la construction, à la fin des années 80, de dispositifs de protection à Kpémé et à Aného a permis la stabilisation du littoral dans ces deux zones, l’érosion de la côte a continué dans les secteurs non protégés. Qui plus est, au cours des 15 dernières années, elle a redoublé d’intensité, de sorte que de nouvelles infrastructures se trouvent maintenant menacées.

Parmi les facteurs hydrodynamiques qui peuvent agir sur le littoral togolais, il faut surtout retenir l’action prépondérante de l’agitation de la mer. Celle-ci se caractérise par une houle longue (périodes de 12 à 14 s) et régulière dont la direction de provenance est le secteur sud à sud-sud-ouest au large des côtes du golfe du Bénin

A l’approche de la côte, les vagues déferlent, ce qui a pour effet direct de mettre les sédiments sableux en suspension. Et, si les crêtes des vagues sont obliques par rapport à la côte, un courant littoral va prendre naissance et transporter les sédiments.

Les courants généraux et de marée étant trop faibles pour déplacer à eux seuls les sables, l'élément essentiel des mouvements sédimentaires le long de la côte togolaise est le courant littoral.

Compte tenu de la régularité de la houle tout au long de l’année, le transport littoral de sable qui se manifeste le long du littoral togolais est l’un des plus élevés au monde.

Rien d’étonnant donc que, à la suite de l’implantation d’importants ouvrages portuaires - les jetées du port de Lomé en l’occurrence -, le littoral, auparavant considéré comme stable en moyenne, ait vu les mouvements sédimentaires dont il était le siège complètement perturbés. Il s’en ait suivi des phénomènes d’érosion et de sédimentation sans précédent, le recul du trait de côte ayant par ailleurs perdu sa régularité dans le temps et dans l’espace, comme conséquence de «l’apparition» de bancs de grès résistants (le beach rock) le long de la côte.

Ces phénomènes sont venus modifier à tout jamais le régime sédimentaire et l’évolution naturelle du littoral.


2- Evolution du littoral togolais

Le littoral à l'Ouest du port

Avec la construction du port de Lomé en 1964, ce sont 1,2 à 1,4 millions de mètres cube de sédiments (sable) qui passaient de l’ouest vers l’est, qui se retrouvent piégés derrière la jetée principale.

Ce qui s'est traduit par une accumulation de sédiments sur la face ouest de la jetée principale avec une avancée du trait de côte vers la mer. Ceci constitua le terre plein sur lequel a été construit l'actuel hôtel Sarakawa qui se trouve d'ailleurs solidement protégé par cette jetée. C'est également le banc de sable régulièrement retenu qui est exploité aujourd'hui pour les travaux à Lomé et ses environs.

La progression du littoral a été particulièrement rapide de 1964 à 1985 sur les 3 premiers kilomètres atteignant une moyenne de 30 m/an.

Comme conséquence de cette rétention de sable, l'Administration du port de Lomé doit régulièrement draguer le chenal d'accès.

Le littoral à l'Est du port

Le littoral à l'Est du port, contrairement à l'Ouest subit de forte érosion consécutive à la forte vitesse
du courant qui s'est trouvé déchargé des sédiments bloqués par la jetée principale.

Jusqu’en 1980, l’érosion s’est développée suivant un processus classique : maximale à l’est immédiat du port avec un recul moyen de plus de 15 m/an, elle décroît régulièrement au fur et à mesure que l’on s’éloigne vers l’est, pour s’annuler vers les PK 20-25. Ceci s'explique par la saturation du courant entraînant la diminution de sa vitesse en dessous de celle permettant d'entraîner des sédiments.

A partir de 1980, la mise à nu du beach rock entre le port et le PK 25 allait modifier le comportement dynamique du littoral.

En effet, la présence du beach rock, non seulement a eu un effet stabilisateur pour la plage, mais a également réduit le volume de sable fourni par l’érosion de la côte.

L’érosion a considérablement diminué à l’est immédiat du port, augmenté au PK 18 (Tropicana) pour atteindre une moyenne de 18 m/an, et s’est manifestée à l’est d’Agbodrafo, dans les zones de Kpémé et d’Aného (recul maximal de près de 5 m/an).

Les zones de Kpémé et d’Aného ont commencé à être menacées au début des années 80, et ce malgré les apports provenant des rejets de l’usine Office Togolaise des Phosphates(OTP).

Ainsi en 1985 l'Administration de l'OTP a entrepris de protéger les pieux du wharf de Kpémé.
L'évolution de l'érosion a amené l'Etat togolais a entreprendre en 1987-1988 des travaux de grande envergure pour la protection de des sites de Kpémé et d'Aného.
Les sites non encore protégés subissent toujours les effets de l'érosion. Parmi ces sites, les plus menacés aujourd'hui sont les sites de Kpogan et d'Agbodrafo.