Le mariage, quand j’y pense !
A’ la question « Pourquoi se marie-t-on ? » , les réponses que nous avons obtenues en milieu Adja de la part d’une cinquantaine d’hommes, de femmes et de jeunes d’âges compris entre 20 et 42 ans, se résument à peu près comme ci-après :
On se marie pour :
se compléter, s’aimer
vivre heureux dans toutes les circonstances
s’aimer davantage
ne plus vivre seul
tout partager et partager surtout ses émotions avec l’autre
former un front commun et solide contre les difficultés de la vie
que l’amour devienne vie !
faire la volonté de Dieu
se soutenir, se consoler
une vie harmonieuse
perdre quelque chose au profit de l’autre
jouir des fruits de l’amour
avoir des enfants et être responsables
Ces quelques réponses montrent clairement que « chacun » va au mariage avec des idées arrêtées, préconçues, parfois justes et parfois trop légères pour être sérieuses. Nous disons bien « chacun » hélas ! Car dans de nombreux cas, les futurs époux n’abordent pas assez clairement et de façon rigoureuse des sujets ayant trait à leur destinée commune. Les premières lueurs ensorcelantes de l’amour et l’hypocrisie de l’un et/ou parfois de l’autre leur interdisent toute hésitation, tout doute, les empêchent de lire leurs différences et les enferment alors dans « la culture de la ressemblance réciproque» . Or, croire que l’on est deux partenaires qui se ressemblent très bien est une piste ouverte sur l’intolérance et sur des alliances sans lendemain. Car plus tard, les partenaires constateront qu’ils ne partagent pas les mêmes points de vue. Ne s’étant pas apprêtés à tirer profit de leurs différences, ils fondront l’un et l’autre dans des scènes de lamentations et iront dire chacun dans son refuge : « On s’est aimé comme on se quitte » comme pour justifier leur légèreté au démarrage. N’est - il pas illusoire de se faire l’idée que l’on peut connaître parfaitement son partenaire au bout de quelques « petites » années ? C’est pourquoi, la décision de se marier doit être fondamentalement liée à la décision d’aimer davantage, comme si les erreurs, les fautes, les faiblesses et les chutes autant que les prouesses de son partenaire étaient des motifs pour l’aimer toujours un peu plus. S’aimer toujours davantage est la meilleure piste pour ne pas prêter flanc au divorce !
((Le divorce n’est pas une fatalité :))
Nous n’allons pas faire la liste complète de tous les comportements qui participent de la dégradation progressive du climat d’amour qui constitue l’élément moteur du mariage. Nous voudrions attirer l’attention des couples d’époux sur certaines situations sociales et certaines pratiques parfois banales qui entament progressivement le mariage. Nous citerons sans aucun ordre :
Les films pornographiques sont en réalité trop dangereux pour le couple car sans le vouloir, celui qui regarde une scène de porno tend à occuper, et systématiquement, la place de l’acteur de même sexe que lui. Et puis au point d’éjaculer parfois ! L’acteur de sexe opposé de la scène qu’il observe devient temporairement son partenaire souhaité. Et si ces spectacles perduraient pour devenir une habitude, chaque partenaire finit par avoir son modèle souhaité parmi les acteurs de film. On devient dépendant de film porno, on est sans le savoir un vrai prostitué. Mais oui, on se prostitue donc à regarder de film porno tout comme on multiplierait sa capacité de pécher à regarder des films de violence. A force donc de regarder des films pornos, le couple vivra toujours de faux rapports sexuels, avec le modèle de conjoint qu’on n’a peut-être pas avec soi au foyer. Et le divorce ne tardera plus à venir !
((Le divorce, quel drame!))
Qu’elles sont graves et inguérissables, les plaies laissées dans les cœurs par les divorces ! Les époux, leurs amis et les parents en souffrent sans fin bien que ces derniers soient dans la triste obligation de consoler celui et celle qui, hier seulement, s’aimaient si bien encore et nourrissaient des bonnes ambitions communes pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Oui, les enfants des couples divorcés ! Enfance loin de sa mère ou de son père ; enfance perturbée parfois à jamais du fait de l’intolérance des parents ; enfance en souffrance du fait de la parole non tenue ou du refus d’un homme et/ou d’une femme de sacrifier sa vie pour sauver ses enfants. Et les enfants dans toutes ces tristes scènes d’égoïstes ? Pitié pour eux, vous qui pouvez encore sauver votre foyer et favoriser les conditions de réussite de vos enfants ! En faisant renaître l’amour bien sûr ! Pitié pour nos enfants tellement innocents et victimes de nos écarts de comportements et, surtout, de notre incapacité de pardonner. N’est-ce pas une faiblesse que d’être incapable de pardonner à son partenaire ? Car y a-t-il en réalité de fautes impardonnables ? Si ce n’est là une éclatante expression de nos limites d’homme ! C’est à force de rechercher les faiblesses de l’autre et ses manquements au lieu de rechercher et de valoriser ses qualités que l’on favorise le climat de divorce. Le divorce n’est donc pas une fatalité. On l’obtient comme on l’a préparé ou comme on l’a laissé arriver, à petits pas.
Quelle que soit la religion des parents, les conséquences du divorce pour les conjoints et pour les enfants sont également lamentables. C’est pourquoi, il serait toujours souhaitable, lorsque nos fautes et nos faiblesses viendront à bout de notre amour, que nous ayons au moins le temps de rechercher et d’accepter de trouver, avant toute prise de décision, une issue favorable à l’avenir de nos enfants afin qu’ils ne soient pas trop pitoyables après la séparation de leurs parents. Partons du constat que malgré les calculs des foyers en difficulté, la souffrance morale et parfois physique des enfants des couples divorcés est imprévisible parce que lamentable, écœurante et souvent irréversible.
((Comment sauver les mariages en difficulté de naufrage?))
Ne peut-on pas créer, au nom de l’amour, une institution d’état ou susciter la création des ONG dont la mission serait de préparer des jeunes au mariage, de protéger les mariages par le biais de l’éducation civique et religieuse à travers des campagnes de sensibilisation et « des bureaux d’écoute et de conseil » ? Il nous semble urgent qu’il soit recherché et mis en place des mécanismes de prévention de divorce. Mais déjà, la liste des causes plausibles de divorce que nous venions de citer pourra être étudiée par chaque responsable de famille pour des changements de comportements et de pratiques pour l’intérêt de sa famille, pour son propre équilibre (…) et pour la promotion de la réussite des enfants.
((TEXTE : LA MORT DU MARIAGE.))
((Paul WELLS))
Au début d’un mariage, à sa naissance, il y a la joie de la découverte et de l’amour ; la mort d’un mariage est toujours tragique et déchirante. Pourtant, aujourd’hui, celle-ci est de plus en plus fréquente et concerne jusqu'à 60% dans des cas. Aussi, le mariage a-t-il changé. Comme un sociologue l’a dit : « Le genre de mariage prôné en Occident s’adapte au taux élevé de divorce. » Le mariage n’est plus considéré comme un accord durable, mais comme une façon de vivre une expérience à laquelle, si elle devient négative, il est mis fin pour le bien des partenaires.
Bien sûr, le divorce ne constitue pas un nouveau fait de société, même s’il est vécu différemment. La bible parle du mariage au singulier entre un homme et une femme, mais la polygamie existe dans l’ancien Testament, bien qu’elle ne soit ni autorisée, ni bien vécue. Jésus et les apôtres ont évoqué ces questions, et des pères de l’église ont écrit des traités, comme « le mariage unique » de Tertullien.
Le danger est d’être tellement préoccupé par les motifs, légitimes ou non, du divorce, que l’idéal de mariage en soit oublié. Cette attitude est dangereuse. Une personne saine porte-t-elle plus d’intérêt à la mort qu’à la vie ?
C’est exactement dans cette perspective que la bible situe la question. Deux relations y sont décrites comme saintes : celle de chaque être humain et de sa vie, celle de l’homme et de la femme. Les deux sont uniques parce qu’instituées par Dieu comme signe de sa présence, comme reflet de l’ « image divine » dans le monde.
La vie, un don de Dieu, est sainte et inaliénable ; la relation du couple qu’exprime le mariage, une « vie ensemble », existe pour favoriser l’harmonie dans les relations humaines. Le meurtre détruit la vie et l’adultère est la mort de la relation unique que connaît le couple.
« Tu ne commettras pas d’adultère » et « Tu ne commettras pas de meurtre » sont deux commandements très proches. Y contrevenir est contre la volonté de Dieu pour la vie et les relations d’amour qui doivent exister entre les personnes. Dans le cas de l’infidélité conjugale, il s’ensuit la destruction de la cellule familiale, la souffrance des enfants, l’atteinte au bon ordre de la société, sans parler de la dégradation de la personne : l’hypocrisie et la fraude, le mensonge et la cruauté, l’endurcissement et la normalisation de l’anormal.
((JESUS ET LE MARIAGE))
Dans son enseignement, Jésus s’est fait le champion de l’union unique et permanente de deux vies. Face aux souffrances engendrées par un mariage mal vécu, n’oublions pas les avantages de celui-ci ! Dans l’idéal, l’homme et la femme sont libres de se marier, mais pas de divorcer : « N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme... Ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! » Mat. 19 : 4 - 6.
Jésus dit, en effet « Dieu a fait l’homme et la femme à son image. » Ainsi le mariage terrestre est comme le reflet du mariage éternel de Dieu avec son peuple. Ainsi l’union conjugale tire-t-elle son sens de la relation que Dieu a tissée avec nous, fidèle, durable, généreuse et joyeuse. Le mariage authentique est une relation entre trois personnes : Dieu, l’homme et la femme. Dans le couple humain, on retrouve les mêmes relations que celles qui existent entre Dieu et les conjoints, des relatons d’alliance, caractérisées par la primauté de l’amour, la reconnaissance mutuelle, l’engagement à la fidélité, les promesses échangées et le don de soi à l’autre.
Les deux premiers chapitres de la Genèse, cités par Jésus, n’envisagent aucun motif légitime de divorce. Le vrai mariage se vit comme don de Dieu, avec son Dieu.
((JESUS ET LE DIVORCE))
En proposant un idéal, Jésus n’est pas pour autant un idéaliste. Il connaît bien le monde dans lequel il est venu. Ses adversaires voudraient qu’il mette de l’eau dans son vin : « Pourquoi donc Moïse a-t-il commandé de donner (à la femme) un acte de divorce et de (la) répudier ? Jésus leur dit : C’est à cause de la dureté de votre cœur... Au commencement il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis : Quiconque répudie sa femme, sauf pour infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère. » Mat. 19 : 7-10
Par ces paroles, Jésus ne légitime pas le divorce. Bien au contraire, il le décourage, tout en admettant que dans certaines circonstances « pour infidélité », celui-ci a un fondement justifié. Une alliance ne meurt pas avec le temps. Elle peut être rompue. Cette rupture provoque la dissolution du mariage. Celui ou celle qui a rompu le divorce s’est séparé volontairement de son partenaire. Le divorce, comme le mariage, n’est pas une réalité de convenance, mais d’alliance.
Quelle « infidélité » ouvre la porte au divorce ? L’adultère, seulement ? Ici, Jésus commente le texte de Deutéronome 24 : 1-4, sujet de son débat avec les Pharisiens. Le mot grec pornéia (racine de notre mot pornographie) « chose indécente », a un sens très large dans l’ancien Testament. Il se réfère au viol, à une relation sexuelle illicite (forcée) avec sa femme, à l’inceste ou à la prostitution, à l’homosexualité, aussi bien qu’à toutes sortes de fautes morales, telles l’apostasie et le blasphème, le kidnapping ou le sacrifice des idoles.
En tout, on peut compter une vingtaine de fautes, principalement mais pas uniquement d’ordre sexuel, (dont certaines sont passibles de la peine capitale), n’excluant pas qu’une femme demande le divorce. La liste est déséquilibrée à cause de la supériorité physique masculine.
A la suite de Jésus, les apôtres affirment l’indissolubilité du mariage, même s’ils élargissent le champ de leurs instructions au problème des couples où l’un des époux était converti au christianisme et l’autre païen.
((UNE ESPERANCE : LA RECONCILIATION))
Tous les problèmes que l’on rencontre aujourd’hui nous montrent combien notre société est éloignée de la conception biblique du mariage. Nous vivons en pleine déliquescence morale et c’est à peine si nous en rendons compte ! Dieu demande à son peuple de respecter des principes élevés. Dans cette perspective, trois réflexions concrètes peuvent être proposées pour conclure :
1. Le chrétien s’attend à la grâce de Dieu pour que son mariage reflète l’idéal d’amour et de fidélité de la Création. C’est un défi difficile, mais stimulant.
2. Dans les cas graves, le divorce ne peut pas toujours être évité. Mais chaque fois que cela est possible, surtout si la faute est occasionnelle, le chrétien cherchera la voie de la confession, du pardon, de la réconciliation et de la réunion, même si une séparation temporaire peut s’avérer nécessaire.
Le ministère de l’église et des chrétiens les uns envers les autres est un ministère de réconciliation. Il sera utile, étant donné les temps où nous vivons, que se développent d’autres formes d’aide dans ce domaine. L’exercice d’un tel ministère serait capital aussi bien pour le couple que pour les enfants et les amis meurtris.
Il ne nous est pas possible d’aborder ici les cas d’espèces ; chacun d’eux est particulier. Toutefois, quand la relation conjugale est détruite, même dans ses formes désespérées, où quand l’échec est au rendez-vous, faut-il abandonner, se résigner et sombrer ? L’histoire de la Samaritaine et celle de la femme surprise en flagrant délit d’adultère nous offre encore une voie d’espérance. Ces deux femmes sont condamnées par la loi, mais aussi pardonnées par l’évangile et l’amour de Christ : « Va et ne pèche plus » L’Evangile, s’il affirme, en effet que toutes nos fautes peuvent être pardonnées, nous appelle également à leur confession et à la réconciliation avec Dieu. La vie commence à nouveau et tout ce qui y était placé sous le signe de la désobéissance est sanctifié.
Par-dessus tout, n’est - il pas vrai que la grâce de Dieu triomphe toujours du péché ?