Mathieu est hébergé dans une famille loméenne et est volontaire pour l'association L'ENVOL, partenaire de l'association OZIA. L'association ENVOL est une association prenant en charge l'éducation scolaire des enfants handicapés. Elle dispose de 9 centres sur l'ensemble du territoire togolais, 4 à Lomé et 5 réparti dans tout le pays.

"Je me présente, je me nomme Mathieu, 24 ans, j’habite aux Sables d’Olonne en Vendée et je suis au Togo depuis plus d’un mois désormais. Ce projet de venir en Afrique me tenait à cœur depuis très longtemps mais avec les études c’était un peu difficile. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme d’éducateur spécialisé en juin dernier je me suis décidé à tout mettre en œuvre pour partir. J’ai fais des économies durant environ 5 mois afin de pouvoir subvenir à mes besoins au Togo. Je suis donc parti de France le 16 décembre pour le Togo dans l’objectif d’y rester 6 mois.

Je pensais bien que ce voyage allait être un dépaysement mais je ne pensais pas à ce point là. Déjà, il faut s’habituer à la température et au climat. Il fait très humide et on a besoin de souvent s’hydrater car on perd beaucoup d’eau. Mais je me suis habitué au bout de 2 semaines à cette atmosphère. Mais je ne vais pas que parler de la pluie et du beau temps. L’accueil en famille a été très convivial et chaleureux. Les togolais ont cette faculté de mettre les gens très à l’aise par leur gentillesse et leur générosité. Ils vivent simplement et je me suis rendu compte qu’en France, j’ai une vie très matérielle et parfois superficielle. Ici, il y a une notion de partage et d’ouverture sur l’autre que je n’avais jamais vu auparavant. Toutefois, il y a une barrière au niveau de la langue. Même si le français est la langue officielle, le dialecte « Ewe » est utilisé principalement par les togolais, surtout au sud du Togo, et donc à Lomé, où je réside. Le premier mot que j’ai appris en arrivant à l’aéroport est « Yovo » qui signifie « le Blanc ». Il faut donc pouvoir se familiariser avec cette langue afin d’être imprégné totalement de la culture togolaise. Mais avec de l’écoute et de l’envie, on peut vite apprendre.

Le choc des cultures se passe aussi dans la ville elle-même. Les transports tout d’abord où il ne faut pas être trop craintif sur les routes. J’utilise les taxis motos que l’on appelle « Zemidjan ». il faut toujours négocier le prix avant de partir car certains sont malins et profitent de la situation. J’ai appris à marchander ce que je n’avais pas l’habitude de faire en France. Cependant, il y a une certaine anarchie qui s’est instaurée dans la circulation et c’est un peu la loi du plus fort.

Enfin, au niveau de mon stage, il y a aussi une grande différence dans la prise en chare des enfants handicapés. Je suis dans l’association Envol, qui s’occupe des jeunes déficients mentaux. C’est une des rares associations au Togo car il y a un réel manque de structures et de moyens. Ce qui me choque le plus, c’est la diversité des handicaps qui sont regroupés dans un même groupe (IMC, autisme, trisomie…)ainsi que la disparité au niveau de l’âge (de 6 à 16 ans). Il y a très peu de moyens matériels et la pédagogie est encore assez archaïque. On fait obéir l’enfant par la contrainte à l’aide d’une baguette ou par une gifle dite éducative. Il y a un réel besoin de formation auprès des éducateurs afin qu’ils puissent acquérir de nouveaux outils éducatifs. Mais c’est intéressant tout de même car les enfants sont très avides d’activités et de jeu. Afin d’aider les éducateurs, je suis en train de lancer trois projets dont je vous parlerais dans mon prochain écrit. J'y présenterai également la famille dans laquelle je vis.

Voila ce que je peux dire pour l’instant au sujet du Togo mais il m’attend encore, j’en suis certain, de nombreuses surprises et de découvertes. "

Mathieu, le 20 janvier 2007