Reflexion de: Andre Kangni AFANOU

Le phénomène de l'Excision au Togo : une pratique qui porte atteinte aux droits les plus élémentaires de la femme et de la jeunes fille




Lors de la 1ere conférence internationale sur le leadership tenu à Aburi au Ghana en Aout 2002, la délégation de la Novation Internationale dirigée par André Kangni AFANOU a présenté une communication très appréciée sur l'Excision.

En voici les grandes lignes


I-Définition

Selon la définition qu’en donne le dictionnaire l’excision (action d’exercice de couper) désigne l’ablation rituelle du clitoris, et parfois des petites lèvres de la vulve pratiquée chez certains peuples. Proche de l’excision, nous citerons aussi l’infibulation, la sunna et la clitoridectomie.

II-Différentes formes d'Excision

Cette remarque nous amène à souligner l’existence de trois grands types d’excision dans le monde ; on a donc :
  • La ‘’sunna’’ ou circoncision vraie qui est la forme la moins sévère consistant à couper le clitoris.
  • Clitoridectomie ou ablation du clitoris et des petites lèvres qui est la forme la plus répandue
  • L’infibulation ou circoncision pharaonique, forme la plus sévère, qui consiste à faire passer un anneau (fibule) à travers le prépuce chez l’homme, à travers les petites lèvres chez la femme ou à couche partiellement celles-ci. Les jambes sont alors attachées, imposant une immobilisation d’une quarantaine de jours jusqu’à cicatrisation. Il ne reste alors qu’un petit orifice permettant l’écoulement d’ l’urine et du sang menstruel. La cicatrice est forcée ou coupée (désinfibulation) pour le mariage et d’autres circonstances.

    III-Régions touchées
    Les pratiques traditionnelles affectent la vie de millions de fillettes et de femmes en Afrique sahélienne. L’excision reste en effet très répandue en Afrique et beaucoup de pays sont concernés avec une intensité variable (forme bénigne au Bénin, BF, Cameroun, Cote d’Ivoire , Sénégal, Togo.) et infibulation à Djibouti ,Somalie, Kenya, Ethiopie .. (et Mali plus Nigeria). Ailleurs dans le monde c’est dans le péninsule arabique. (Arabie Saoudite, Irak, Jordanie, Syrie) et des pays d’immigration africaine (France, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Canada, USA..)

    Selon l’OMS, ce sont près 130 millions de femmes et fillettes qui auraient été victimes de mutilations sexuelles dans le monde et chaque année 2 millions de fillettes les subissent encore.

    De façon concrète cela se pratique :

    1-en Afrique
    · Africaine en Afrique
    · Africaine en séjour temporaire/ vacance en Afrique
    2 - à l’Etranger :au sein des communautés africaines expatriées

    IV-Comment explique t-on cette pratique ?
    Il n'y a pas d’explication unique pour tous les pays mais il faut souligner que cela fait partie de la culture des sociétés qui la pratiquent. L’autorité et le contrôle de la sexualité et de la fécondité de la femme sont clairement établis. Les fillettes reçoivent peu d’instruction et ne sont considérées que pour leur rôle de mère potentielle. Entourées de femmes et d’enfants excisées, elles peuvent-mêmes demander à subir cette opération pour ne pas être écartées du groupe. Dans le cas où elles refuseraient l’excision, elles seraient en butte à la vindicte publique et si nécessaires opérées de force ou obligées de se soumettre finalement à la loi commune.

    Les justifications en réalité sans fondement réel, s’expriment autour de six principaux domaines :
  • la maîtrise de la sexualité de la fille et de la femme
  • la reproduction
  • l’intégration sociale de la fille et de la femme
  • la santé en générale et l’hygiène en particulier
  • la religion
  • la conception psycho-sexuelle de certaines ethnies qui attribuent un maléfique à l’organe génital de la femme
    la femme non excisée serait ainsi impures ..

    V-conséquences
    Les conséquences médicales sont très lourdes pour bébés, fillettes, adolescentes ou jeunes femmes car les opérations sont majoritairement effectuées même dans les pays d’immigration, dans des conditions sanitaires déplorables par des exciseuses non initiées à l’hygiène la plus élémentaire avec des instruments non désinfectées (vielles lames de rasoirs, couteaux, ciseaux, tessons de bouteilles ..) et des accidents interviennent si l’exciseuse fait un geste maladroit.
    Hémorragies, infections et possibles de mort
    Douleur intense car sans anesthésie
    Infections VIH/SIDA et tétanos

    La société traditionnelle africaine explique décès d’exciseuses par les sorts jetés par ‘’sorcières’’ ou diable’’
    Psychologiques et sociales: anxiété, depression et psychose de la femme

    Excision : atteinte :
    Santé
    Droits / reconnaissance à la conférence de Caire en 1994 (

    VI-Comment lutter ?

    Prévention et répression
    1 - Prévention :
    Information, oduction, commun, flight ag, ignorance ..
    Campaign, mainly in villages vhere TV and radio don’t reach
  • Affiches
    Collaborations des imams et chefs religieux traditionnels, prêtres et pasteurs (cas BF)
    2- Repression
    Mesures législatives
    Burkina : on peut être bon Africain sans exciser les filles.
    La loi interdit cela car délit pénal
    Mali : les gens pensent dans ce pays à 90% musulman que ne pas exciser les filles

    3-Reconversion des exciseuses: C'est par manque de moyen de subsistance que certaines exciseuses professionnelles hésitent à laisser tomber ce qui constitue leur "metier". Il faut donc que toutes les initiatives de lutte contre le phénomène prennent en compte la necessité de les reconvertir et de leur trouver d'autres sources de revenus.


    Temoignage:
    Histoire de Fauziya KASSINDJA ( une togolaise qui a fui le pays et obtenu l'asile aux USA pour se soustraire à l'Excision)

    En guise de Bibliographie ,Je vous conseille particulierement la lecture de "Do They Hear You when you Cry " , livre écrit par Fauziya KASSINDJA and Layli Miller Bashir.

    Commentaire du New York Times sur ce livre : « A fascinating story not only of horror but of great humanity »
    A Delta book published by Dell Publishing,a division of Random House Inc.1540 Broadway,New york ,100036.

    Fidèle à notre vocation qui est de "Mieux informer pour mieux prévenir", nous sommes disposés à apporter plus d'éclairage sur le phénomène au Togo.

    N'hésitez donc pas à nous contacter pour plus d'échanges