ON M'A OUBLIEE A L'HOTEL



Invitée à Paris pour soutenir Meiway dans son show, Chantal Taïba, n’a pu jouer au dernier moment. Que s’est-il passé exactement ? Chantou nous donne sa version des faits et vous fait partager son audacieux pari du “Matiko”.



• Ton dernier album est comme un couronnement de tout ce que tu as fait depuis tes débuts.

  • Couronnement si on veut vraiment partir de mes débuts en 1982. Vingt ans après, on peut peut dire que c'est le fruit de tous les efforts qui ont été faits et c'est également le résultat de toutes les expériences que j'ai acquises.



    • Est-ce un nouveau départ pour toi ?

  • Je dirai tout simplement que c'est la grâce de Dieu. Certes, j'ai fait tout ce que je pouvais sur le plan musical, mais je pense sincèrement que ça a été la grâce de Dieu. J'ai commencé “Népata” en 1999 à Madrid avec les “Maticos”, le groupe avec lequel j'évolue en espagne. Arrivée à Abidjan, Jat Music a décidé de me produire et là, j'ai travaillé avec David Tayorault avec qui j'ai fait plusieurs chansons. Après, je suis allée à Paris où m'attendaient Manu Lima et Lokua Kanza.



    • Es-tu prête à renouveler l'expérience avec Lokua ?

  • Oui. Lokua est prêt à me redonner deux chansons pour le prochain album car ça a été une expérience très positive. Un peu avant la sortie de l'album, Aïcha Koné qui était à Paris avec moi m'a écouté sur RFI et m'a appelée. Elle m'a dit que si ce titre figurait sur l'album, ce serait bien. Et c'était la première fois qu'une chanteuse m'appelle pour me féliciter. C'était la chanson de Lokua. C'est vous dire que notre mariage (Lokua et moi) sur le plan musical, est une bonne chose.



    • C'est comme quelqu'un que tu attendais depuis ?

  • Voilà. C'est bien de se faire diriger par un chanteur plutôt que par un musicien qui n'a pas tellement l'expérience de la chanson. Il ne peut pas te donner des techniques.



    • Vas-tu continuer avec le Matico ou vas-tu explorer d'autres horizons ?

  • Oui, je dirai que sur l'album “Nepata”, il n'y a pas seulement que le Matiko. Là, j'ai fait une ouverture sur d'autres musiques. J'ai tapé sur le Matiko tout en faisant une ouverture sur l'extérieur. Ce sera ainsi mon cheval de bataille. Je ferais toujours la promotion du Matiko mais j'ouvrirai chaque fois une fenêtre sur les autres musiques.



    • Changeons de sujet. Tu étais récemment à Paris pour le concert de Meiway et tu n'as pas joué. Que s'est-il passé ?

  • Chantal était annoncée, elle était sur les affiches et passait dans les spots sur Africa N°1. Elle est partie d'Abidjan au frais des organisateurs et logée à l'Hôtel Ibis-Paris. J'étais prête, maquillée et tout, j'attendais un fer à repasser qu'on devait m'apporter pour redresser ma tenue et puis la voiture qui devait venir me prendre pour aller au spectacle. J'ai attendu jusqu'à six heures du matin, je n'ai vu personne et j'ai dormi.



    • On a entendu dire que tu étais dans les loges et le présentateur t'a même annoncée ?

  • Le présentateur sans m'avoir vue a cru que j'étais dans les loges et c'est ainsi qu'il m'a annoncée. Le public qui crie, qui crie et qui attend, et point de Chantal Taïba, ni dans la salle ni dans les loges. Ça a été un coup.



    • Ça fait deux fois qu'on t’annonce et tu ne joues pas. Il y a déjà les présélections de Miss-CI à San-Pédro. Tu es comme abonnée aux faux rendez-vous ?

  • Ouh, c'est pas une question de faux rendez-vous ! Les organisateurs de Paris m'ont oubliée à l'hôtel. C'est tout.



    • Oubliée ??!!

  • (Rires) Eh oui, tout simplement. Ils m'ont donné le billet d'avion et tout et puis, ils m'ont oubliée, ça peut arriver. Quand on organise quelque chose et qu’on a plusieurs personnes sur les bras, ça peut arriver.



    • C'est quand même Chantal Taïba ?

  • Bon, il paraît que celui qui devrait venir me chercher a dit au réceptionniste qu’il voulait voir “l'artiste”. Comme je ne suis pas Sylvie Vartan ni Johnny Hallyday, les Blancs qui étaient là ont dit que l'artiste n'est pas là. Donc pour lui, l'artiste est partie alors que j'étais dans ma chambre.



    • Qu’est-ce que ça t’a fait ?

  • Ah, ça m'a fait mal ! Moralement ça a été un coup pour moi car le public qui était là peut croire que je suis gonflée. Bon, ce sont les alléas du showbiz, ça peut arriver.



    • On a aussi dit qu'on t'a vidée d'une discothèque ?

  • C'était le dimanche de Pâques où David Tayorault devrait se produire à l'Atlantis. Je suis allée le soutenir. On est entré ensemble et il y a eu un problème entre le propriétaire de la boîte et David. La boîte était tellement pleine que le propriétaire, un Antillais, n'a pas pu gérer le public. Il a dit que David ne devrait pas s'asseoir là où il s'est assis.



    • Et alors…

  • Bon, voilà, David et lui ont failli se prendre aux collets. J'ai dit à David de se calmer car ça n'allait pas être bien pour un artiste de se faire taper dessus par les gorilles du coin. David et moi sommes sortis calmement et une fois dehors, j'ai demandé à David de retourner jouer car c'est sa carrière qui est en jeu. Lui, il ne voulait plus jouer. Finalement il a accepté, on est reparti dans la boîte. Et là, on retrouve le monsieur toujours entrain d'expliquer, de faire des palabres. David a dit que ce n'est plus la peine. Et on est retourné tranquillement comme on était venu. On ne nous a pas chassés.



    • Inlassable bosseuse, tu déjà en alerte ton prochain album.

  • Il y a beaucoup de choses que je prépare pour le prochain album. J'ai plusieurs contacts pour la production. Je suis en train de les analyser. Sur le plan musical, j'ai déjà commencé.



    • Ce sera toujours du Matiko ?

  • Ce sera du Matiko plus (rires).



    • Donc les dames doivent s'apprêter à se déchausser encore plus ?

  • (rires) Peut-être qu’il y aura quelque chose d'autre à enlever à part les chaussures (rires aux éclats). C'est tout un concept qu'on est en train de préparer.