En tout cas. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

TRAFFIC ET TRAVAIL DES ENFANTS

ET SI ON COMBATTAIT AUSSI LA DEMANDE ?

Depuis près d’une décennie, le trafic des enfants est devenu l’un des fléaux sociaux qui suscite le plus l’attention des bailleurs de fonds. Au nom de la lutte contre le phénomène des Organisation Non gouvernementales (ONG) et des associations ont foisonné ici et là sur le continent noir comme au togo. Des programmes de lutte sont annoncés à volonté avec la presse à témoin. Mais dieu seul sait combien de ces programmes sont effectivement réalisés .Non par absence de financement. Loin de là (puisque ce sont ces dossiers qui intéressent aujourd’hui les bailleurs). Les quelques rares qui sont réalisés n’ont pas fait pour autant reculer le mal. Le phénomène reste vivace. Certes elle a un peu reculé des zones sous projecteur telles les milieux urbains. Mais elle conserve la même ardeur à la campagne. Et après analyse, voici le constat qui se dégage.
Il se fait que la quasi-totalité des différents programmes de lutte à l’échelle nationale comme internationale a toujours eu pour cible l’offre. Sensibiliser les populations pourvoyeuses, traquer les trafiquants etc. Mais l’évidence est la suivante. Dans la kyrielle de causes favorisant le fléau telle que l’analphabétisme, la recherche du luxe et autres, la pauvreté reste la vraie et la principale. Autrement dit, le trafic des enfants rime fortement avec la pauvreté. Et les autres causes ne sont qu’aléatoires. Il va s’en dire donc que combattre l’offre revient à combattre la pauvreté. Alors que cette victoire, faut pas se voiler la face, ce n’est pas pour demain. En tout cas, pas en Afrique principale pourvoyeuse des produits du trafic. L’autre constat est qu’il y a de ses états qui ne disposent pas à ce jour de législations protégeant le droit des enfants. L’exemple ici du Togo qui est parti de nombreux textes internationaux protégeant le droit des enfants mais ne dispose pas jusqu’à présent de législations nationales protégeant ces droits. Un tel vide juridique fait plutôt ricaner les trafiquants et les renforce dans leurs ardeurs au grand d’âme des progénitures.
Tout compte fait, il s’impose aujourd’hui de voir l’évidence en face : la lutte contre l’offre a montré ses limites. Alors la suggestion qui en sort est la suivante : Et si on s’attaquait aussi à la demande ?
En effet, ces hommes qui sont au bout du parcours des trafiquants et qui sont en fait, les principaux instigateurs du phénomène, ont sûrement des raisons de préférer le service des enfants à celui des adultes. Quelles sont ces raisons ? N’ont -t-ils pas d’autres alternatives ? Une étude de terrain répondrait à ces questions. Des ONG peuvent mettre en place des mécanismes pour s’enquérir, à chaque enfant travailleur croisé, de l’identité de son employeur et donc le dénoncer. Certes, évidemment il y aura dans le lot des enfants en age de fréquenter qui sont tout simplement au service de leurs parents, par impossibilité de ces derniers de financer les études de leurs progénitures. Une action concertée des ONG à l’endroit de l’état serait indiquée ici pour garantir l’instruction gratuite à tout enfant durant le cycle primaire. Aussi un numéro vert pour dénoncer tout cas d’exploitation d’enfant est - elle une solution efficace pour décourager la demande. Seulement voilà, un numéro vert c’est bon, mais les fonds pour l’entretenir, c’est là ou se trouve toujours le nœud pour les états africains. Alors un fond international pour supporter l’initiative serait la solution pour dénouer le nœud.
Voilà seulement quelques stratégies et sûrement il en existera d’autres. Ce qui importe ici c’est d’accepter d’activer un peu plus la lutte contre la demande. Attaquer le mal tant par la racine que par le sommet, avec la même vigueur. Peut être, trafiquants et exploitants d’enfants cette fois, balbutieront réellement.


Joël EGAH