Enfin, le trafic d'enfants est reprimé au Togo
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Les députés togolais ont adopté le 02 août 2005, à l’unanimité le projet de loi réprimant les auteurs et complices de traite des enfants au Togo.
Selon cette loi, les auteurs et complices de trafics d’enfants sont passibles de peines allant de 6 mois à 10 ans de prison, et d’une amende de 500.000 à 10 millions de Francs CFA (de 762 à 15.244 euros).
Le texte adopté par les députés compte 17 articles organisés en 5 chapitres. Cette loi définit comme enfant l’être humain âgé de moins de 18 ans alors qu’elle tient compte des moyens et manœuvres utilisés par le trafiquant et surtout de la finalité du déplacement de l’enfant.
En ce qui concerne les personnes susceptibles d’être poursuivies et sanctionnées, le texte vise non seulement les recruteurs d’enfants mais également celles qui transportent, hébergent et utilisent ces enfants sans épargner les parents et tuteurs indélicats.
Dans certains cas où la victime aurait moins de 15 ans ou que le trafic connaîtrait des situations aggravantes avec l’usage de la violence, de stupéfiants, d’arme, serait l’œuvre d’un groupe organisé, occasionnerait une sorte d’incapacité physique ou morale etc., les coupables seront passibles d’une peine de 5 à 10 ans de réclusion criminelle et d’une amende de 5 à 10 millions F CFA.
Selon le texte voté par le parlement, la sortie du territoire national d’un enfant non accompagné de ses parents ou tuteurs est désormais subordonnée à la présentation d’une "autorisation spéciale dont les modalités sont fixées par décret en Conseil des ministres".
Le trafic d’enfants a pris ces dernières années des dimensions inquiétantes dans plusieurs régions du Togo. Des parents démunis confient, pour 10’000 à 20’000 F CFA, leurs enfants à des "passeurs" qui prétendent prendre en charge leur éducation.
Ces enfants sont ensuite vendus pour des sommes dix fois supérieures à de grands exploitants agricoles qui les utilisent comme de la main d’oeuvre à bon marché, notamment dans les plantations de cacao et de canne à sucre au Cameroun, au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Nigeria. Certains d’entre eux sont utilisés comme domestiques ou exploités dans le cadre de la prostitution
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« Ne croyez pas que la lutte est terminée, elle ne fait que commencer, notre engagement doit être intact » a lancé le ministre de la justice Me ABI Tchessa, à l’endroit de ses collègues et des décideurs politiques. Le président du parlement M. el Hadj Abass BONFOH a quant à lui plaidé pour la mise en œuvre d’une lutte concertée et transfrontalière en vue de venir à bout de ces actes « ignobles » et démanteler les réseaux internationaux qui les entretiennent.
Selon les statistiques du ministère des Affaires sociales, environ 3’000 enfants victimes de ces trafics sont interceptés chaque année aux frontières togolaises, en partance pour d’autres pays.
Des passeurs ou trafiquants d’enfants sont souvent arrêtés mais fautes de lois adéquates, ils sont relâchés après quelques temps en prison. Cet état de chose n’a pas vraiment permis de décourager ces personnes malintentionnées à qui ce commerce est très rentable.
Dans le cadre de la lutte contre l’exploitation des enfants sous toutes ses formes, le gouvernement togolais a décidé de lutter contre la prostitution des mineures, pratique "dégradante qui porte atteinte à la dignité et à l’intégrité morale et physique" des jeunes filles, selon un communiqué officiel.
"Dans les rues et à certains endroits précis de nos villes et villages, surtout à la tombée de la nuit, nous voyons de plus en plus d’enfants, surtout des jeunes filles mineures, livrées aux trafics de toutes sortes et à la prostitution", précise le communiqué du gouvernement lu à la radio et à la télévision nationale.
Les autorités ont procédé à des opérations de contrôle et d’interpellation dans certains quartiers où la prostitution des mineures est remarquable. En exemple le quartier DéKon, en plein centre ville où on peut voir des jeunes d’à peine 11-12 ans qui au rythme de la musique des débits de boissons ou autres maquis se déhanchent dans les rues, portant souvent des vêtements qui couvrent seulement la poitrine et des jupettes laissant apparaître le bas des fesses. « Certaines personnes âgées les adorent » affirme un habitant des environs qui explique « des personnes riches dans des voitures de luxes viennent négocier des faveurs sexuelles avec ces filles encore innocentes ».
Les autorités togolaises ont déclaré s’engager à entamer le dialogue avec "toutes les composantes socioprofessionnelles et même les institutions internationales en vue de rechercher les voies et moyens de lutter efficacement contre ce fléau".
La prostitution des mineures a pris ces dernières années des dimensions inquiétantes dans les principales villes du Togo, notamment dans la capitale Lomé.
La nouvelle loi tombe à point pour enrayer ce fléau.