Conférences débats
Population et environnement : quelle perception pour un développement durable?
Ce thème a été subdivisé en trois sous thèmes. Les résumés sont présentés dans le rapport et pour les textes intégrales, consulter les annexes. Notons que un cahier et un bic ont été distribués à chaque participant pour la prise de notes.

* Sous thème 1 : Les populations humaines et leur environnement.
Mr WALA Kperkouma
Doctorant, botanique et écologie
Assistant de recherche au LBEV/FDS/UL

Résumé
Le conférencier a dans son introduction relevé la primauté de le responsabilité humaine parmi les mécanismes qui sont à l’origine de la dégradation de l’environnement de la crise dramatique de la biodiversité. Selon le conférencier, la transformation des écosystèmes naturels et semi naturels par la déforestation la mise en culture, l’assèchement et l’urbanisation, l’intensification et la mécanisation des pratiques agricoles, la surexploitation des populations animales et la pollution généralisée sont autant de causes directes de la dégradation accélérée de l’environnement et de l’érosion de la diversité biologique. L’objectif de la conférence fut alors de partager avec les populations locale, analyse des interaction entre les population humaines et leur environnement dans le cadre du développement durable.

L’exposé s’est poursuivi par le développement des points suivant : la définition de quelques concepts généraux, l’interaction population-environnement (principaux problèmes, les causes fondamentale et les conséquences), l’analyse des comportement à adopter pour un développement durable.

Dans la première partie, le conférencier a définit les grands concepts suivant : l’environnement, la biodiversité, les populations et le développement durable. L’environnement humain a été défini comme l’ensemble des éléments constitutifs du paysage naturel ou du paysage artificiellement créé par l’homme. Quant à la biodiversité, elle englobe toutes les espèces végétales, animales et les microorganismes et les écosystèmes ainsi que les processus écologiques dans lesquels ils prennent part. Ce concept est de la conférence de Rio en juin 1992. Le développement durable a été défini comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il s’agit du développement qui vise donc à réconcilier la croissance économique avec la protection de l’environnement et la cohésion sociale. La population est définie comme l’ensemble des individus d’une même espèce animale ou végétale, vivant dans une même région et donc le présent exposé, il s’agit de la population humaine, l’ensemble des habitants d’un pays, d’une ville, d’un village.

Dans la deuxième partie, le conférencier démontré que depuis les société de collecteurs chasseurs au sociétés modernes en passant par les sociétés préindustrielles, l’action de l’homme a toujours tendu à canalisé les productions des écosystèmes dans un sens strictement anthropiques et ceci au détriment des écosystèmes primaires. Les cas de l’Afrique, du Togo et particulièrement celui de la préfecture de Doufélgou ont été discutés. Les problèmes de pauvreté extrême des sols, de dégradation sans précédente des ressources végétales (déboisement des collines, violation des îlots de forêts sacrées, exploitation de reliques de Khaya senegalensis, Afzelia africana, Milicia excelsa le long des cours d’eau et dans les forêts sacrées), de pollution, et de comblement des rares cors d’eau ont été relevé pour la préfecture de Doufélgou.
Toutes ces actions dégradantes ne sont pas sans conséquences désastreuses sur la qualité de vie de l’homme. En effet, la baisse des rendements de culture, la détérioration de la santé humaine, la désertisation, le réchauffement climatique sont les principales conséquences de la dégradation de l’environnement. Ce qui constitue un frein au développement social et économique.

Le conférencier dans la troisième partie consacrée au développement durable, a indiqué que, face à la situation e dégradation dans laquelle nous vivont, la conservation de la diversité biologique et la protection de l’environnement sont devenus aujourd’hui de défis majeurs tant pour des raisons écologiques (stabilité des écosystèmes, cycle géochimique) et socioéconomique alimentation, agriculture, pèches, applications industrielles) que pour des raisons simplement éthiques à savoir la valeur intrinsèque de la vie. Il s’agit là d’une démarche qui vise à concilier la conservation des ressources naturelles et le développement économique.

Le conférencier conclue en ces mots : «Le développement durable consiste, en l’amélioration de la qualité de la vie humaine, et doit se faire par une utilisation efficace de toutes les ressources naturelles humaines et économique dans le respect de l’environnement. Pour ce faire, la connaissance de l’environnement, sa gestion et sa préservation sont donc des objectifs à atteindre par le biais de l’éducation à l’environnement qui doit être une des priorités internationale, nationale et locale.

Synthèse des débats
Le thème a suscité beaucoup de débat témoignant ainsi l’intérêt que les populations locales portent à la qualité de leur environnement. Des cas de dégradation ont été exposés par les participants appelant leurs frères à prendre conscience des conséquences que leurs actes engendrent. Les participants ont souhaité que de telles séances de partage soient organisées plus régulièrement.

A la fin de cette première conférence à 12h30’, une pause a été observée pour un déjeuner libre. Les activités ont repris à 14h00’ avec la suite des conférences débats.

* Sous thème 2 : Economie des ressources naturelles.
Dr. KADOUMTA M’Bow,
Enseignant à la FASEG/UL

Résumé
L’introduction a été centrée sur l’évolution des faits et des idées qui ont conduit l’économiste à intégrer les ressources naturelles dans ses analyses. L’objectif poursuivi est d’éviter les gaspillages aussi l’accès à ces ressources à ces ressources naturelles doit être guidé par les considérations de leur coût économique. Par la suite, le conférencier a abordé les point suivants : la pression de l’homme sur les ressources naturelles, les ressources naturelles et le marché, la poids économique des ressources naturelles, les politiques économiques de l’environnement.

Dans la première partie, le conférencier a indiqué par toutes les activités de l’homme on relève principalement la consommation et la production qui exerce une pression permanente sur l’environnement. Celui-ci est utilisé tour à tour comme support de nos activités, réceptacle des rejet qui en résulte et fournisseur des ressources utilisées dans ses activités. L’homme consomme les ressources naturelles prélevées directement dans la nature ainsi que les biens et services produits à partir des ressources naturelles. La production et la consommation donne lieu à des rejets dont une partie traitée, recyclée, épurée retourne au cycle de la production et de la consommation. Le reste est reversé dans l’environnement. Pour montrer cette relation qui lie production, consommation, déchets et ressources, le conférencier a eu recours à un schéma.

Dans la deuxième consacrée aux ressources naturelles et au marché, le conférencier a montré que par suite des défaillances du marché caractérisant ces ressources, il se crée des effets externes entre les agents à l’occasion de leurs activités. Les défaillances du marché recouvrent deux situations non cumulatives : ou bien le marché fonctionne bien mais se trouve dans l’impossibilité d’intégrer la totalité du coût dans le prix de vente du bien, ou bien le marché n’existe pas tout simplement. Ces défaillances entraînent des gaspillages et sont sources d’effets externes. En effet, l’inexistence d’un marché ou son mauvais fonctionnement font que l’action d’un individu provoque une augmentation ou une diminution du bien-être de tiers en dehors de toute transaction marchande. En cas de diminution, il s’agit d’un effet externe négatif ou coût et en cas d’augmentation, d’un effet externe positif ou avantage. Les activités d’un exploitant de verger/apiculteur, celles de la préservation/abattage de la forêt ou encore celles d’un fabricant de papier ont été utilisées comme exemple pour illustrer la définition de ces concepts.

La troisième partie traitant du poids économique des ressources naturelles a permis de définir le concept de la valeur économique totale (VET) et de présenter les différentes techniques de sa mesure. Les ressources d’environnement parmi lesquelles figurent les ressources naturelles ont une VET. Celle-ci se subdivise en valeur d’usage et en valeur intrinsèque. La valeur d’usage comprend la valeur d’usage réelle immédiate (ou les avantages dont bénéficie l’usager) et la valeur d’option ou valeur d’usage potentiel projeté dans l’avenir pour soi-même ou pour d’autres. Si les autres se réfèrent aux générations futures, il s’agit de valeur altruiste. La valeur intrinsèque quant à elle n’est ni liée à l’usage effectif, ni à l’option d’usage ; elle est conférée à une ressource d’environnement du seul fait de son existence, en dehors de toute utilité qu’on lui reconnaît. Mais comment mesurer cette valeur qu’on reconnaît aux ressources naturelles étant donné les défaillances du marché ? Trois approches permettent de lever les obstacles. La première utilise les marchés de substitution, la deuxième les marchés hypothétiques grâce à des enquêtes et à des questionnaires et la troisième recourt à l’évaluation indirecte en mesurant d’abord les effets puis en affectant une valeur monétaire à ces effets.

La quatrième partie a été consacrée aux politiques d’environnement c’est à dire aux réglementations qui tendent à influencer le comportement des pollueurs d’environnement et des utilisateurs des ressources naturelles. Deux orientations président à ces politiques : veut-on procéder par la coercition ou par les incitations. Dans le premier cas, les pouvoirs publics édictent toute une réglementation à base de normes, d’interdictions, d’autorisations et de permis. Cette réglementation doit pouvoir être mise en place, être appliquée et contrôlée et cela coûte cher pour un résultat maigre. Cette politique fait de plus en plus place à la réglementation indirecte utilisant les incitations du marché. Les instruments généralement utilisés sont les taxes et les redevances, les restrictions quantitatives, les subventions et les consignations. S’agissant plus particulièrement des forêts naturelles, des réserves de faunes considérées comme des biens publics, il a été démontré qu’une meilleure répartition des droits de propriétés et une participation des populations riveraines à leur gestion réduiraient leur gaspillage.
En conclusion, le conférencier a rappelé que la plupart de nos ressources naturelles sont rares en considération des besoins actuels et ceux des générations futures et qu’en conséquence, l’accès à ces ressources naturelles ne devrait pas être gratuit, mais basé sur des considérations de coût économique.

Synthèse des débats
Cette conférence n’a pas suscité beaucoup de débats en raison de son caractère qualifié par les participants de technique malgré les précautions prises par le présentateur. Ceci montre la nécessité d’une initiation aux concepts économiques de base pour mieux faire passer le message sur le coût économique des ressources naturelles et les politiques d’incitation par le marché.

* Sous thème 3 : Sociologie des ressources naturelles.
Mr BANE-ENA Waguimsagou,
Maître es-sciences sociologiques

Résumé
Protéger l’environnement aujourd’hui, c’est assurer le bien être des populations. Mais, on s’en rend compte dans le même temps que c’est cette même population qui inflige des mutations à la nature par son comportement en endommageant les systèmes qui servent de support à la vie sur la planète. Alors, débattre de la « sociologie des ressources naturelles » revient d’abord à définir les concepts de sociologies et de Ressources Naturelles, de donner une approche sociologique du mot environnement, ensuite d’établir le rapport entre l’homme et son environnement, de déterminer les conséquences qui découlent dudit rapport, puis d ‘envisager des approches de solutions pour une meilleure protection et une meilleure gestion de notre environnement.
La sociologie est la science sociale synthétique qui s’occupe de l’étude de la réalité sociale dans sa totalité et dans son actualité, alors que par Ressources Naturelles, on entend l’ensemble des éléments biologiques et non biotiques de la terre, ainsi que les diverses formes d’énergie reçues ou produites sa,ns intervention de l’homme.
Pour l’homme des sciences sociales, le mot « environnement » est compris de deux façon : d’abord l’environnement est perçu comme une civilisation de l’ « avoir » et est considéré comme un espace doté d’un potentiel, de ressources indispensables à la vie, ensuite le mot environnement s’entend aussi comme étant la civilisation de l’être. De ce point de vue, il est considéré comme étant le milieu psychosocial et physique ambiant, résultat complexe de l’interaction entre l’organisation sociale, le milieu physique et les perceptions qui en résultent.
Depuis son apparition sur la terre, l’homme a toujours soutiré de la nature, les ressources qui lui permettent de vivre. Puisant le maximum de ressources nécessaires à sa survie du milieu naturel, l’homme contribue en même à sa destruction. Ces pratiques à des fins économiques est l’une des causes de la dégradation de notre environnement.
Les conséquences qui en résultent sont nombreuses : les déserts avancent en grande vitesse, les forêts disparaissent à un grand rythme ce qui explique la raréfaction de ce tains espèces comme Afraegle paniculata (ko’nga), Milicia excelsa (tomb), Khaya senegalensis (kougb), Afzelia africana (kpalga) et bien d’autres. Au rang de ces conséquences, on cite également la pauvreté des sols qui entraîne la baisse de la productivité, le réchauffement climatique etc.
DE part donc leur nature les concepts de « développement » et « environnement » paraissent intimement lié l’un l’autre. L’homme en se mettant en relation avec la nature pour se développer fait naître la science. A partir de cette science, l’homme va forger des outils pour produire des biens et des services, ce qui va donner naissance à la technologie. La grande question fondamentale que l’on se posera à partir de tout ceci est de savoir si la gestion actuelle des ressources naturelles tient-elle compte de la postérité de l’espèce humaine, autrement dit, set-ce que d’autres générations ont-elles le droit de vivre après nous ? Cette interrogation amène ainsi l’homme à prendre des mesures des protection et de la lutte contre la destruction de l’environnement.
L’homme doit par conséquent inscrire au rang du principe directeur la prudence écologique, c’est à dire qu’il doit arrêter le gaspillage des ressources naturelles et planifier la consommation des ressources. Aujourd’hui l’on s’accorde à reconnaître que l’un des moyens de sauver les espèces et leur habitat est de créer des réserves de parcs et des zoos.
En Afrique, la tradition comporte en elle même des croyances , des savoirs-faire et des pratiques qui contribuent à la protection de l’environnement d’où la nécessité de porter une attention particulière à cette tradition. Les pratiques culturelles locales dans nos sociétés africaines sont d’une importances capitale car c’est aussi l’un des moyens les plus efficaces d de la lutte contre la dégradation de l’environnement. DE part leur caractère, les endroits sacrés sont considérés comme des sanctuaires par excellence, les habitacles des puissances surnaturelles et sont par conséquent des lieux inviolables et inaliénable.
Pour une gestion participative de l’environnement en Afrique, la prise en compte des croyances et des superstitions doit se référer à la gestion des processus naturels. Les idées locales relatives à la nature intègrent les problèmes humains et sociaux qui rendent les distinctions occidentales entre « nature » et « culture » inappropriés pour comprendre les concepts africaines des relation entre les hommes et l’environnement.
Aussi, l’homme est tenu de faire du développement, un développement durable et l’homme des sciences sociales entendra par développement durable, le bien-être or , ce bien être social se refaire à la manière dont les hommes utilisent les ressources à leur disposition. Donc, le développement durable est une nouvelle manière de gérer les ressources naturelles afin de les entretenir le plus longtemps possible.
La protection de l’environnement est une question de survie collective parce que :
  • le monde est une chaîne de vie parce que les animaux ont besoin des plantes et vice versa
  • le monde est une gigantesque pharmacothèque car on retrouve partout dans le monde des plantes qui ont une vertu et des propriétés médicinales indiscutables
  • la nature est une réservoir de nourriture : Plus de 75000 plantes recensées de nos jours sont reconnus comestible
  • la nature est une mine d’or pour l’industrie car toutes les branches de l’industrie utilisent les produits de la nature pour fabriquer les savons, les cols les cosmétiques et médicament de toutes sorte.
  • En définitive, il faut reconnaître que seule une approche intégrée des mesures de réduction de la pauvreté et de la lutte contre la dégradation de l’environnement peux conduire au développement durable. Une approche intégrée visant simultanément à vaincre la pauvreté et à protéger l’environnement dans les pays sous-développer peut conduire au développement durable.

    Activités du 14 août 2004 : visite terrain
    La deuxième journée d’activités de l’APE a été exclusivement réservée à la visite de terrain et au repas de clôture. Prévue pour débuter à 8 heures par un rassemblement à l’école primaire publique centrale de Baga, cette visite de terrain a commencé à 9 heures. Au rang des participants à cette visite de terrain, on note la présence des chefs de village, les membres des comités villageois de développement de chaque village, les notables, le directeur préfectoral de l’environnement, les membres des bureaux des Comité Villageois de Développement (CVD), les membres des bureaux d’associations scolaires et estudiantines de Baga, les présidents des groupements agricoles de Baga, des élèves et étudiants, ainsi que les autres acteurs de la vie sociale de Baga. Le nombre total des participants à cette visite de terrain était de 68 personnes. Le président du bureau directeur de APE après avoir expliqué aux participants l’itinéraire de la visite de terrain, les a exhortés à mettre du sérieux tout long du parcours. Cette visite de terrain qui a consisté en l’observation des écosystèmes et phénomènes bien précis à travers Baga afin d’en tirer des conclusions quant à la dégradation de l’environnement devait avoir pour point de chute la ferme « ECHO DES CHAMPS » de KOUMANTIGA Ali.

    Les écosystèmes et phénomènes
    Sous le guide des membres fondateurs de APE l’assemblée a suivi avec intérêt les explications données par le président du bureau directeur à certains phénomènes qui conduisent au processus de dégradation de l’environnement. Parmi ces phénomènes il faut relever l’absence de pratiques de gestion ou la surexploitation de certaines ressources phytogénétiques locales entraînant inéluctablement à leur raréfaction ou dans le pire des cas à leur disparition. Plus précisément l’assistance a marqué un premier arrêt devant un pied de konga (Afraegle paniculata) et une caractérisation botanique et ethnobotanique s’en est suivie. Les participants ont reconnu qu’il s’agit d’une espèces très rares dans la région et dont les racines sont de plus en plus exploitées. Le second arrêt a été observé dans la palmeraie subnaturelle de Faga (Organi). Ici le représentant préfectoral de l’environnement a pris la parole pour expliquer aux participants l’orientation actuelle de la politique gouvernementale en matière de gestion de l’environnement. L’absence de gestion de cette palmeraie, et de sélection des jeunes pousses laisse se développer ça et là des buissons de palmiers peu productifs.

    Une pluie comme par enchantement et pour rafraîchir les cœurs des participants s’est mêlé à la danse et a obligé les participants à prendre une pause réfugiés chez Ali (Haagou). Après la pluie qui durée trois quart d’heure environ, l’équipe s’est ébranlée vers la forêt sacrée Tamtaragou devant laquelle la famille propriétaire a exposé l’historique, les pratiques de gestions et la dynamique actuelle de cette forêt. Le représentant de la famille a reconnu un relâchement dans la gestion de cette forêt et demandé le concours de APE pour une sensibilisation des populations riveraines.

    Quittant la forêt et sur la route vers la ferme Echo des champs, le phénomène d’érosion des sols laissant apparaître la cuirasse ferrugineuse a attiré l’attention des visiteurs. Des débats sur les causes probables et les solutions possibles à un tel phénomènes ont été notés. Il est très importants de noter la pertinences des débats menés avec tous les groupes cibles représentés. Ceci démontre l’aptitude de tous ces groupes cibles à répondre aux problèmes environnementaux de leur milieu. Toutefois cette aptitude reste dans un état léthargique et il faut des stimulateur pour ne pas dires des catalyseurs pour réveiller toutes ces consciences pour œuvrer ensemble afin de trouver des solutions propices et localement applicables.
    A Bali (Coucou hèn), le président a demandé à l’assistance de se retourner et d’observer le paysage qu’offre le village. Tous les participants ont reconnu que le village présentait une physionomie d’agroforêt. Il s’agit en effet des différents arbres conservés dans les jardins de case et surtout des palmeraies subnaturelles caractéristique du plateau de Niamtougou. Rappelons les nawdba ont été qualifié par le colonisateur allemand de palmbauer.

    Après avoir observé cet magnifique agroforêt, les participants ont fait face au champs de brousse qui sont après le versant Ouest du plateau de Niamtougou. Tous aussi unanimement ont poussé un soupir de désolation. En effet toutes les collines jusqu’à la « montagne noire » (Dou hol) sont complètement déboisées. Il ne subsiste que par endroit des parcs arborées à néré. Quant au versant ouest, n’en parlons pas car il est totalement balayé et soumis à de fortes érosion. Les graminées ont même de la peine à y pousser à voir leur port. Toutefois il faut relever et saluer le grand travail de protection de certaines volontés en l’occurrence de Koumantéga Ali et de quelques paysans qui l’imitent. En effet les participant ont observé et décrit le contraste qui existait entre les parcelles protégées et les parties non protégées. Les premières apparaissent comme des îles écologiques dans un océan de savanes herbeuses. La parole fut alors donnée à Mr Koumantéga Ali, responsable de la Ferme Echo des Champs de nous parler de son expérience.

    Dans son intervention, il situa la ferme Echo des Champs dans le temps et exposa la lutte qu’il mène depuis la création de cette ferme pour faire éclore dan la mentalité locale, l’amour de l’environnement et partant l’esprit de protection et de conservation de cet environnement. Ainsi, la FERME ECHO DES CHAMPS à été créée en 1990 suite à sa volonté manifeste de se mettre à l’école de l’environnement, après ses études à l’Université du Bénin, d’où il sortit nanti d’une Maîtrise es-sciences (Option : Botanique et écologie végétale). A son arrivée sur le site le spectacle était comparable aux parties non protégée dudit versant. Treize années de dure labeur de protection, de lutte contre les feux et les coupe frauduleuse ont permit la régénération progressive des ligneux et aujourd’hui, à la place de la savane herbeuse qu’il a trouvé à son arrivée, il y a une savane boisée qui ne cesse de se développer. A cet effet nombreux sont les jeunes qui ont toujours vu certaine espèces à l’état arbustif. Et il sont fort étonnés de constater que ces arbustes pouvant grandir et devenir des arbres. Ceci démontre bien l’intérêt d’un développement durable, car il faut en exploitant les ressources naturelles pour notre survie, penser aux générations futurs. Quelques années plus tard, Mr Koumantéga Ali sera suivi dans son initiative par trois autres paysans qui ont eux aussi entrepris de protéger leurs parcelles. Il a relevé pour terminer que la protection et la conservation de l’environnement n’est pas une affaire personnelle ni une entreprise facile. En effet il a reçu des coups de main de passants ou de voisins lors qu’il y avait du feu dans la parcelle protégée. Il a aussi exhorté la population locale à évité de brûler tut ce qu’il voit sur leur passage, car certains feux ne sont pas accidentelle, mais prémédités. De plus la protection peu aussi engendrer d’autre problème tel que les conflit entre les populations et les animaux sauvage. Il a révélé que par deux fois de suite il a perdu deux brebis et finalement ils se sont rendus compte qu’elles aurait été avalées par un reptile notamment un python (Python regius) communément appelé boa. Faut-il reculer face à ces problèmes de conflits ? Non car l’écosystèmes est un ensemble d’éléments inter reliés. Les participants ont été édifiés par cette expérience selon leur propos et APE les a demandés d’en faire autant chez eux. C’est là qu’il ont souhaité que APE soit leur guide et que ensemble nous menions une lutte pour la protection et la conservation de nos ressources.

    A la suite de ce débat fructueux, les participants ont été conviés à un repas de clôture. Au menu de ce repas, il y avait la boisson locale (daam), le manioc préparé et du riz blanc à la sauce d’arachide.

    Après le repas et à a demande des participants, un débat à été ouvert. Les questions ont porté sur les modalités d’adhésion à l’association (qu’ils ont trouvé très contraignantes) et les futures activités de APE. Ils ont demandé que de telles rencontres édifiantes sur multiplient dans le milieu et que les conférences face l’objet de publications qui leur soient accessibles. Le président de l’Association les a rassurés quant à la régularité de ces rencontres et la publication des conférences dans le bulletin d’information de APE qui sera prochainement créé. Il a relevé cependant, que les modalités d’adhésion ont été conçu de manière à ce que APE puisse se prendre en charge elle même, avant de solliciter des aides. Il a précisé que toutes les dépenses faites (achat de cahiers et bics pour les prises de note, pause café, repas de clôture) ont été prises en charge par APE et que la préparation des conférences a été bénévole.