LE SIDA, UNE REALITE EFFARENTE AU TOGO.


from Andre Kangni AFANOU
Juriste/Journaliste/Professeur de Lycée


Le SIDA, qualifié par beaucoup comme étant "Mal du siècle" continue de sévir dans le monde et à ce jour les chercheurs (professeurs , étudiants , responsables d'ONg et institutions internationales ...) cherchent des données precises sur la situation exacte du SIDA telle qu'elle se présente dans chaque pays.
En ce qui nous concerne , nous espérons qu'à la lecture de ces lignes vous aurez une meilleure idée sur l'etat de la maladie , les dispositions prises par l'Etat et les actions de la société civile togolaise pour l'éradication du Sida au togo.
Il est à noter que cet essai s'est beaucoup inspiré d'un article de Tony FEDA et Kafui Noameshie qui sont des confrères journalistes à l'hebdomadaire togolais "Le Temps".



" Je me connais maladif, mais j'arrive toujours à juguler les maladies que j'attrape, à tuer le mauvais microbe en prenant des médicaments efficaces en pharmacie ; je me rétablissais tout de suite après et allais faire mon job. Mais depuis que ce vilain virus, je vais rarement à mon travail. Impossible de vivre avec."

Ainsi s'exprimait Alowonou T., 34 ans, informaticien de son état lorsqu'il se confiait à un journaliste qui l'a rencontré au centre RISA ou il était arrivé pour recueillir des informations sur le sida. Cela faisait en effet près de 5 mois qu'il a été mis au courant de son état ; et depuis il essai de vivre avec la maladie.

Des jeunes gens comme Alowonou, il en existe aujourd'hui des milliers au Togo, filles comme garçons, jeunes comme adultes et même des enfants. Chacun d'eux a un mariage, une orgie nocturne qui à tourné au vinaigre et constitue le drame de sa vie.

Au Togo, petit territoire ouest africain de 56 600 km2, le sida est donc une réalité. Cette situation a malheureusement des impacts très négatives sur le développement socio-économique du pays lui même. Quel est donc l'état réel de la pandémie ? Quelle politique adoptent les autorités étatiques pour freiner une évolution trop importante de la pandémie ? Et l'action des ONG et Association, ent quoi contribue t-elle à réduire la progression du sida au Togo ? Les malades sont - ils pris en charge ? Et les drois de l'homme ? Quelle relation pouvons nous établir entre leur violation et la maladie du sida en ce qui concerne particulièrement les sidéens et séropositifs ?

I. ETAT DES LIEUX

A / Les Chiffres

En 1981, le monde entier était informé de l'apparition d'une nouvelle maladie ; le sida. Dans mon pays le TOGO, les premiers cas n'ont été signalés qu"en 1987, ils étaient alors six ( 6 ) Togolais a avoir été contaminés l'année suivante, ce chiffre est passé à 20 et en 1989, il était de 166 En l'an 2 000, ce nombre est de 150 000 selon les estimations de l'ONUSIDA. II faudrait tout établi de source privée et qui faisait état de 300 000 personnes séropositives, plaçant ainsi le Togo tout juste derrière de Cote d'Ivoire. Bien plus grave encore beaucoup de personnes meurent du sida sans que l'information ne soit portée à la connaissance des services de santé. Les chiffres officiels ne sont donc que la face cachée de l'hideux iceberg.

La situation est d'autant plus alarmante au Togo que la tranche d'age la pus touchée est celle qui est la plus active et est censée contribuer au développement de l'économie nationale : la tranche de 20 à 39 ans avec une forte prédominance masculine.
L'engagement de tous les Togolais doit etre requis d'autant plus que c'est le pays tout entier qui est touché.

B/ Répartition géographique

Le Togo compte cinq grandes régions économiques : Maritime, Plateaux, Centrale, Kara et Savanes. Sur la base des estimations que nous avons pu recueillir auprès du programme National de Lutte contre le Sida ( PNLS ), nous avons noté que ce sont les régions Maritime et de la Kara comptant 41, 4 % ET 14,8 % de la populations nationale qui sont les plus touchées avec respectivement 72 % et 11,8 % des cas. La région des Plateaux avec 22 % de la population nationale compte 10 % de sidéens et les deux autres régions sont minoritaires.

Le constat qui se dégage est que le taux élevé des 2 premières dépend de l'activités économique qui y est très forte ; Lomé la capital est d'ailleurs une zone de propagation de la maladie.

Il faut donc le dire , un Etat dont les habitants sont malades ne peut se développer. Quelle est donc la politique qu'adoptent les autorités gouvernementales en la matière ? Celle ci est elle appuyée par les ONG et Associations ?

II / LA LUTTE POUR L'ERADICATION DE LA PANDEMIE DU DIDA AU TOGO

A / La politique de surveillance de la pandémie

Les autorités togolaises ont mis du temps pour répondre à temps à la menace du sida. L'épidémie est en effet apparue en 1984 mais ce n'est que vers la fin des années 1980 au plus fort de la crise politique que les dirigeants ont pris la mesure de l'ampleur du VIH. Bien entendu, on peut se douter qu'entre temps, une grande partie de la part des autorités. Tout récemment ( 2001 ) le Chef de l'Etat lui même avait crée un commission de lutte qui préside personnellement. L'engagement de l'Etat se traduit aussi entre autres par la soumission des donneurs de bénévoles de sang aux épidémiologiques sans lien direct avec le VIH / Sida. Mieux, il existe à ce jour des centres publics sur le territoire national ou se font des tests de dépistage gratuits.

Nous pouvons donc dire qu'avec cette politique, l'évolution du virus pourra etre suivie et maîtrisée. mais encore faut - il sensibiliser les populations sur la nécessité d'adopter des comportement sexuels responsable et d'aller se soumettre au test afin de connaître leurs statuts sérologique.

C / La sensibilisation sur le SIDA

La structure officiel qui a en charge la lutte contre la pandémie au Togo est le Programme National de Lutte contre le Sida. Elle a pour vocation principale de mener et de coordonner les activités de lutte contre la pandémie. Elle mène ainsi diverses activités basées essentiellement sur l'Information, l'Education et la Communication ( IEC ). Selon l'actuel Directeur le docteur BASSABI que nous avons approché, cette technique d'IEC qui consiste essentiellement en des causeries débat, des conférences publiques, des sketchs... a contribué à n'en point douter la mener la population, toutes contre le sida et d'éviter les comportements à risque.

Sur le terrain, l'action, du PNLS est relayée notamment par les ONG qui ont largement contribuer à déverrouiller les nombreux tabous relatifs au sexe. Signalons aussi les activités de promotions du marketing social des préservatifs de la marque " Protector Plus " menées par Population Service International ( PSI ), un organisme américain.

Si le cap est maintenu, il nous semble possible de juguler le niveau d'évolution de la maladie. Mais de meilleurs résultats pourront etre atteints si des réflexions sont menées sur les aspect les moins positifs de ce tableau à savoir le traitement des maladies et l'intégration d'une approche de droits humains au niveau de la maladie.

III / LES DEFIS A RELEVER POUR DE MEILLEURS RESULTATS

A / La problématique de la guérison du SIDA.
Il n'est un secret pour personne qu'à ce jour, il n'y dans le monde, aucun traitement efficace contre le VIH / Sida. L'espoir que constituent cependant les anti-retro viraux est cependant amenuisé par leur coût élevé qui les rend de facto difficiles d'accès aux malades de mon pays. Ceux - ci ne peuvent donc pas avoir accès à la bi thérapie ou à la tri thérapie dans la mesure ou le coût moyen du traitement est estimé entre 125 000 et 345 000 francs CFA. La plus part des médicaments sont disponibles à la Centrale d'Achat des Médicaments Génériques ( CAMEG ) et à GT PHARM avec exonération douanière. Ce qu'il faudra déplorer, c'est qu'à ce jour, l'Etat Togolais n'apporte aucune subvention à l'achat de ces médicament.

Cette situation décourage tant les malades eux - mêmes que ceux qui n'ont pas encore fait le test de dépistage. Ces derniers ne voient pas en effet la nécessité de faire un teste pour se faire découvrir aux yeux de tous pour une maladie qui n'a pas de médicaments et dont les calmants que sont les anti-retro viraux sont chers.
Même les espoirs crées par la médecine traditionnels ne sont pas jusque la confirmés puisque ce sont seulement les cas de la maladie opportunistes comme la diarrhée, la tuberculose et divers autres maux liées au VIH que les tradi-praticiens guérissent.

B / Le poids des croyances et l'approche de droits de l'homme dans la gestion de la pandémie.
Comment le soulignait un récent rapport de l'ONUSIDA " partout dans le monde, les femmes courent un risque particulier de contracter le VIH car elles n'ont pas le pouvoir de décider ou, quand et si les rapports sexuels auront lieu. Mais les croyances et les attentes culturelles accentuent aussi la vulnérabilité.... "

Au Togo particulièrement, il existe des valeurs culturelles qui mettent la femme à un niveau social inférieur à celui de l'homme. De fait, on lui nie tout droit à l'égalité et quelles que soient ses appréhensions probables, elle est tenue de se soumette à la satisfaction des appétits sexuels de l'homme.
De plus, les pratiques traditionnelles comme l'excision pour les femmes contribuent à accentuer la maladie particulièrement dans les régions à majorité musulmane comme la Centrale.
La position de l'église catholique en des chrétiens en général contre le préservation ainsi que le silence des autorités musulmanes n'est pas de nature à favoriser la régression du VIH.

Cette position des responsables religieux tend é faire passer les maladies du sida comme des " maudits " ce qui accentue la méconnaissance de leurs droits les plus élémentaires. Signalons à ce niveau le témoignage d'une femme malade : " Mon mari Peter, est mort du sida il y a quelques années après d'atroces souffrances.......
Ses parents ne lui ont pas allégé la souffrance. Mis en quarantaine, chaque fois en butte contre sa sœur, les hurlements de sa sœur, les hurlements de sa mère, les complots de sa famille contre moi, Peter n'en pouvait plus. IL EST MORT PLUS DE SOUCI QUE DE SIDA."

Voilà qui met en exergue tout le mal qui peu résulter pour les sidéens et séropositifs d'une méconnaissance de leurs droits en tant qu'etres humains avant. L'approche des droits de l'homme adopté par la conférence de Johannesburg vient donc à point nommé.


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Andre