FORUM DE LA SOCIETE CIVILE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST

Les 11 et 12 décembre 2003 s’est tenu au Regency Hotel à Accra (Ghana), le 1er Forum de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (de son acronyme anglais WACSOF). Ce conclave, coordonné par la CEDEAO, International Alert et Centre for Democraty and Development, a été parrainé par la CEDEAO, DFDI, ACDI, International Alert. Cette rencontre qui avait réuni la quasi-totalité des pays de la sous-région, a regroupé une centaine de participants, autour de la problématique de l'institution d’une interface entre organisations de la société civile et la CEDEAO en vue d'un mécanisme de prévention, de gestion et de résolution des conflits en Afrique de l’Ouest.
Fort du fait que les conflits qui embrasent la sous-région, touchent de plus en plus de pays, le présent forum se justifie par la nécessité pour les organisations de la société civile de contribuer davantage au niveau des Etats, et plus particulièrement aux côtés des instances de la CEDEAO, à la prévention, la gestion et la résolution des conflits.

Au cours des débats, les participants ont défini la société civile, et échangé sur ses principales tâches. Ils ont relevé l’impérieuse nécessité de mettre en place et de promouvoir un forum de la Société Civile ouest africaine en vue de faire face aux enjeux présents et futurs.

L’institution d’un tel forum viendrait, ont-ils unanimement admis, renforcer les fora de Société Civile au niveau national. Le WACSOF a affirmé son indépendance par rapport à la CEDEAO, avec laquelle il s’est engagé à établir une collaboration critique, dénuée d’antagonisme. Il a proposé d’instituer en son sein, un mécanisme de supervision par les pairs, car comme l’a dit le représentant du Secrétaire Exécutif de la CEDEAO, le Dr Mohamed Ibn Chambas, « l’obstacle majeur à la paix et à la stabilité est l’absence d’un système viable de gouvernance et de démocratisation à tous les niveaux de la société. »

Pour marquer le soutien du Parlement de la CEDEAO au WACSOF, M. ONORADO, questeur de l’Institution, représentant son président,le Prof Ali Nouhoune Diallo, a dit que le Parlement prend l’engagement de toujours inviter la Société Civile autour des grandes questions concernant la CEDEAO.

Dans son discours d’ouverture officielle, le Ministre de l’Intégration et du NEPAD, le Dr Kofi Konadu Apraku a dit qu’il revient à la Société Civile de travailler à la redéfinition des actions de la CEDEAO, de trouver les voies et moyens pouvant aider à rendre opérationnelle l’application des protocoles signés dans le cadre de la prévention, la gestion et la résolution des conflits dans la sous-région

Pour des raisons d’efficacité fonctionnelle du WACSOF, les participants ont adopté la Charte de la Société Civile ouest africaine, convenu de la mise en place d’un Secrétariat en vue de la coordination de ses activités.
Les travaux en atelier ont porté sur des thèmes variés, dont : Paix et Sécurité, CEDEAO et NEPAD, Genre et développement Santé, Education, IST/SIDA, Intégration régionale, commerce et investissement.

Les participants se sont retrouvés par pays et au niveau de la diaspora pour faire des recommandations sur les questions prioritaires à adresser au Conseil des Ministres à court, moyen et long terme d’une part et celles à mettre en œuvre à l’échelle des forums nationaux de la société civile d’autre part.

Le WACSOF a recommandé aux instances de la CEDEAO de prendre toutes les mesures en leur pouvoir pour trouver une issue favorable aux différents conflits dans la sous-région et d’interférer afin que les élections présidentielles de cette année en Guinée Conakry se passent dans des conditions transparentes.




Accra, le 12 décembre 2003


Elorm Kokou AMEGADZE

kelorm5@yahoo.fr