Le Front des Organisations de la société civile pour le Développement durable en Afrique de l’Ouest




Les conférences des Nations Unies de Stockholm en 1972, sur l’environnement humain, et de Rio en 1992, sur l’environnement et le développement, ont été de réelles opportunités pour la communauté internationale de penser autrement le développement, apprécié jusqu’ici en terme de rentabilité économique. A partir de Rio précisément, la notion de durabilité a été conférée au concept de développement.
Aussi, le développement durable sous-tend-il un développement écologiquement viable, socialement équitable et économiquement soutenable en vue de la satisfaction des besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations à venir.
Si les Organisations de la Société Civile (OSC) africaines de l’heure ont été pour la plupart absentes de ces deux grandes rencontres internationales, elles n’ont ménagé aucun effort pour participer au Sommet Mondial sur le Développement Durable (SMDD); l’occasion d’évaluer les progrès réalisés conformément aux objectifs de l’Agenda 21. Elles se sont organisées pour faire connaître leur position par rapport aux enjeux du développement du continent.

Néanmoins, les initiatives de développement de l’Afrique sont restées fragmentaires et séquentielles, celles qui ont pour objet le renforcement des acquis du Sommet de Jo’burg sont rares, ce qui contribue à maintenir le continent et particulièrement la sous-région ouest africaine sous le joug de la pauvreté.
Pour inverser cette tendance et formuler les stratégies visant à faire avancer le processus de développement durable, un atelier s’est tenu du 28 au 30juin 2004 à la FOPADESC à Lomé sur « les stratégies de suivi du Sommet de Johannesburg et sur la création d’un Front des Organisations de la société civile pour le Développement durable en Afrique de l’Ouest » (FODAO). Il a été organisé par l’ONG « Les Amis de la Terre-Togo », point focal sous-régional du processus de préparation des OSC de l’Afrique de l’Ouest pour le SMDD avec l’appui de Danish 92 group et de Ibis-Ghana. Cet atelier qui a réuni une trentaine de participants de plusieurs pays de la CEDEAO, a entre autres objectifs :

· l’évaluation de la première partie du processus qui avait pour objectif le renforcement des capacités des OSC de la sous-région pour une meilleure participation au SMDD,
· la définition de stratégies pour la participation de l’Afrique de l’Ouest au projet Sustainability Watch (suivi de la durabilité),
· la formalisation du FODAO

Les travaux de cet atelier ont été ouverts par M. Joachim Tata Amegboh, conseiller technique au Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF). Dans son mot, M. Amegboh a relevé que l’aggravation continue des problèmes environnementaux au niveau de la planète induit des effets pervers sur le développement économique des pays en développement en particulier.

Selon l’orateur, c’est pour remédier à ces difficultés que plusieurs sommets ont été initiés, dont celui de Johannesburg. Malgré ces efforts beaucoup reste à faire pour un mieux-être des populations. C’est pourquoi il a assuré les participants à cet atelier du soutien du gouvernement togolais pour que les objectifs du FODAO soient atteints.

Auparavant, M. Raven Edu, Président de l’ONG Les Amis de la Terre-Togo a exprimé la joie qui anime les membres de son organisation à l’idée que cet atelier va donner une fois encore l’opportunité aux partenaires du processus de renforcement des capacités des OSC de la sous-région pour une meilleure participation au SMDD d’échanger sur des sujets d’intérêt commun. Il a vivement remercié Uned Forum, Danish 92 group, Ibis Ghana sans lesquels ledit processus n’aurait pas été concluant. Il a formulé le vœu que cet atelier aboutisse à la formalisation du FODAO en vue de la mise œuvre des objectifs de développement durable, y compris les OMD et le NEPAD.

Dans son adresse, M. Steffen RASMUSSEN, Directeur Exécutif de Ibis Ghana, a dit que les OSC de la sous-région sont confrontées à des difficultés d’ordre structurel. Or l’efficacité de leurs actions suppose la mise en place de structures fiables. Pour cela, il a souhaité que le FODAO constitue une interface entre la société civile et les gouvernements. Il a établi un lien entre l’environnement et la pauvreté. En effet, pour résoudre certains de leurs problèmes, les populations pauvres exercent des pressions sur l’environnement. Ce qui réduit la capacité de l’environnement à produire des richesses. Selon l’intervenant, il est donc important de régler la question de l’accès des populations aux richesses naturelles pour contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie et promouvoir la croissance.

Faisant l’évaluation de la première partie du processus qui avait pour objectif le renforcement des capacités des OSC de la sous-région pour une meilleure participation au SMDD, les participants ont unanimement reconnu que cet objectif a été effectivement atteint car un nombre important de ces OSC ont participé audit sommet.
Seulement, ce qu’on peut reprocher à ce processus, c’est qu’il s’est caractérisé par l’insuffisance d’échange d’information entre les points focaux nationaux d’une part, et entre les points focaux nationaux et le point focal sous régional d’autre part.

Ainsi les grandes décisions qui ont été prises à l’issue de la rencontre sont :

  • le renforcement des échanges d’informations et d’expériences ;
  • la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre du Sustainability Watch.

    L’atelier a abouti à la création du Front des Organisations de la Société Civile pour le Développement en Afrique de l’Ouest (FODAO), dont la coordination est confiée à l’ONG Les Amis de la Terre-Togo, qui, en assurera le Secrétariat pour les trois prochaines années.


    L’atelier a mis l’accent sur la nécessité pour le FODAO de s’ouvrir aux autres institutions, réseaux existants, personnes physiques, intéressés par les questions de développement durable.


    En conclusion les participants renouvellent leur engagement à œuvrer ensemble pour la promotion du développement durable dans la sous-région.


    Fait à Lomé le 30 juin 2004


    kelorm5@yahoo.fr

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